


L'une des grandes figures de la Reconquista, le Cid
est devenu un personnage central de la littérature
épique espagnole, où il personnifie le courage
indomptable du chevalier castillan (sa bravoure lui valut son surnom
Cid Campeador, de l'arabe sidi «seigneur», et de
l'espagnol campeador «guerrier illustre») qui,
ayant consacré sa vie à sa foi et à
son souverain, se voue sans défaillance à la
libération de l'Espagne de la domination musulmane. La
réalité historique est sensiblement
différente. S'il passa sa vie à guerroyer, ce fut
dans les rangs les plus opposés. Il prit part aux guerres
qui suivirent la mort du roi Ferdinand Ier (1065) et qui
opposèrent les deux fils du souverain: Sanche II, roi de
Castille, et Alphonse VI, roi de León. Il servit d'abord
Sanche puis, après la mort de celui-ci, son
frère, devenu roi de Castille et de León. Il
épousa en 1074 doña Jimena Díaz
(Chimène), cousine du souverain et fille du comte d'Oviedo.
Tombé en disgrâce en 1081, il parcourut alors
l'Espagne, offrant ses services tantôt à des
princes musulmans, tantôt à des princes
chrétiens d'Aragon ou de Barcelone, jusqu'au jour
où, agissant pour son propre compte, il se tailla une
principauté indépendante dans le sud de
l'Espagne, s'empara de Valence (1094) et y régna
jusqu'à sa mort.